Core web vitals : que faut-il attendre de la mise à jour Google ? (Juin 2021)

Google a relayé sur Twitter une communication officielle concernant une prochaine mise à jour de son algorithme pour le Search qui intégrera à partir de la mi-juin des critères d’expérience de page (tout SEO qui se respecte saura apprécier la précision de l’échéance…) Que faut-il en penser ? Doit-on craindre un profond chamboulement dans les SERP pour l’été 2021 ? Pour ceux qui n’auraient pas suivi cette actualité, je vous propose de vous en faire un rapide condensé et répondre aux principales questions SEO concernant l’évaluation des pages et les impacts attendus/redoutés.

Tout par donc, le 19 avril dernier, d’une communication Google sur Twitter augurant d’une prochaine mise à jour de ses résultats de recherche. Jusque là, rien de plus classique.

Extrait du Tweet Google du 19/04/2021

Traduction :

Nous annonçons une mise à jour du calendrier pour l’introduction du signal de classement de l’expérience de page pour la recherche Google. Un déploiement progressif débutera à la mi-juin.

Source : Google (compte Twitter @googlesearchc le 19/04/2021).

En parallèle, notre moteur de recherche préféré a activé un nouveau rapport, accessible depuis l’interface de la Search Console que tout webmaster / SEO n’aura pas manqué de remarquer : baptisé « Expérience sur la page » (« Page experience » en anglais) ce rapport compile plusieurs « signaux » importants aux yeux de Google et se base sur la version mobile des pages.

Les signaux du Page Experience

  • Signaux web essentiels
  • Ergonomie mobile
    • Éléments cliquables trop rapprochés
    • Texte illisible, car trop petit
    • Fenêtre d’affichage non configurée
    • Contenu plus large que l’écran
  • Problèmes de sécurité
  • HTTPS
  • Expérience publicitaire

Chacun de ces signaux agissent sur un score global faisant office de note générale pour votre propriété. En clair : plus votre score s’approche des 100% de pages proposant une « bonne expérience », mieux c’est. Passons maintenant à quelques définitions pour bien comprendre de quoi il est question lorsqu’on parle de « Signaux web essentiels » / « Core web vitals » en anglais (et occasionnellement comprendre pourquoi les graphiques à barre tout de rouge et jaune vêtus dans le rapport Google indiquent que vos pages sont « Lentes »).

CLS et LCP (signaux web essentiels) : les nerfs d’une nouvelle guerre ?

CLS ou Cumulative Layout Shift

Le Cumulative Layout Shift est défini comme une métrique qui mesure la stabilité visuelle, permettant de quantifier la fréquence à laquelle les utilisateurs subissent des changements de mise en page inattendus (un CLS faible permet de garantir que la page est agréable à la consultation/navigation).

Exemple concret (et pas drôle mais qui parlera à tous) : vous accédez à une page sur mobile dont le contenu charge lentement… le squelette du design se met en place… certaines parties s’affichent… vous vous apprêtez à cliquer sur un lien qui semble conduire à la réponse tant attendue et… BOUM ! La page se redimensionne soudainement pour faire apparaître une jolie publicité clignotante à l’emplacement même où vous aviez posé votre doigt… Vous pestez. Rien de plus normal. Et c’est précisément là que le maudit webmaster derrière son écran récupère la donnée d’un CLS catastrophique pour son signal SEO. Il panique, tape la requête « web core vitals update catastrophe » sur Google, tombe sur l’article de blog d’un obscur Alexandre P… (bref, ceci est une autre histoire, revenons à nos moutons :p)

LCP ou Largest Contentful Paint

Le Largest Contentful Paint est une mesure de la vitesse de chargement perçue, permettant de définir la durée séparant l’appel d’une URL et le chargement effectif du contenu principal de la page appelée (un LCP rapide permet de rassurer l’utilisateur sur l’utilité de la page par rapport à son besoin).

Les lignes les plus critiques du tableau étant maintenant posées. Il est temps de passer aux questions qui affolent la communauté SEO. Sueurs froides en perspective.

Sur quelles données se base précisément Google pour définir qu’une page propose une « bonne expérience » ?

Question pourtant fondamentale qui demeure sans réponse claire. Google remonte aujourd’hui dans son rapport des signaux web essentiels (l’un des critères importants du Page experience) les données agrégées captées par les sessions Google Chrome des utilisateurs. Il s’agit donc d’une perception des performances directement liée à la qualité de la connexion et des appareils utilisés pour naviguer sur vos pages. Autrement dit : deux sites faisant état d’une base technique similaire (même design, expérience front, plugins activés, etc.) peuvent remonter dans le rapport « Expérience de page » des scores totalement différents si leur cible est différente. Si vos utilisateurs sont majoritairement situés dans la Creuse et captent à peine la 3G, vous risquez donc de voir vos rapports rougir un bon coup !

Vous voyez où je veux en venir : comment Google tiendra-t-il compte de ces différences ? Opérera-t-il son évaluation sur un score de Page experience lié à des échantillons incomparables entre eux ? (bien que fondés sur des navigations humaines réelles pour les sites considérés) Ou se basera-t-il sur un score produit par une appréciation des signaux via son unique bot de crawl mobile ? (auquel cas une comparaison des scores obtenus aurait davantage de sens…) Mystère et boule de gomme SEO ou wait and see comme dirait l’autre.

Le rapport crUX

Si on épluche la documentation Google pour les webmasters (rassurez-vous je l’ai fait pour vous) on y découvre l’origine des données affichées dans les rapports Search Console pour les signaux web essentiels :

Les données du rapport « Statistiques Web principales » proviennent du rapport d’expérience utilisateur Chrome (ou « rapport CrUX »). Le rapport CrUX rassemble des statistiques anonymisées sur les temps de chargement réel de vos URL (statistiques basées sur des données d’utilisation réelles). Notez que la base de données CrUX collecte des informations sur les URL, que celles-ci fassent partie ou non d’une propriété Search Console.

Google nous garantit ainsi que les données évaluées sont réelles c’est à dire basées sur l’expérience d’utilisateurs humains (et non de ses bots de crawl).

Mon site risque-t-il d’être pénalisé s’il a un score d’expérience de page trop bas ?

Là est le cœur de la problématique SEO de cette MAJ. En réalité, comme pour la plupart des critères liés à l’expérience utilisateur, le message de Google va dans le sens de « votre site ne sera pas pénalisé mais pourrait très bien être déclassé si vos concurrents proposent une meilleure expérience basée sur ces critères ». Autrement dit (et sans surprise finalement pour les SEO ayant suivi l’actualité des mises à jour Google de ces dernières années) : aucune pénalité directe ne sera appliqué à un site qui montre un score d’expérience de page trop bas. Mais vos concurrents proposant un score plus élevé pourront bénéficier d’un « effet boost » qui les avantagera dans les classements.

Les points qu’il reste à définir par l’observation une fois l’algorithme mis à jour seront comme à l’accoutumée : cet effet boost sera-t-il conséquent ? et affectera-t-il toutes les versions des pages ? (mobile, AMP, stories, desktop…) A ce stade, en l’absence de plus de précisions fournies par Google, les spéculations dans la sphère SEO vont bon train.


La parole est désormais à vous : quel est votre avis sur cette mise à jour annoncée ? Pensez-vous qu’elle sera marginale ou importante ?

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